Quelles perspectives pour l'industrie française et européenne ?
Du mercredi 1er au vendredi 3 juillet 2026 à Reims (France)
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Présentation du colloque > Perspective générale du colloquePerspective générale du colloqueObservé depuis la fin des années 2010, le processus de renaissance industrielle apparaît désormais fortement contrarié par l’évolution du contexte géoéconomique et géopolitique international. Pendant ce temps, la Chine continue de résorber ses énormes excédents de production en les exportant massivement vers le marché européen tandis que les États-Unis protègent leur marché en augmentant très fortement leurs droits de douane sur les produits chinois et européens. La diffusion des politiques d’austérité en Europe, le maintien (notamment en France avec les impôts dits de production) d’une fiscalité pénalisante sur les entreprises ainsi que des lourdeurs administratives multiples, la hausse sévère des coûts de l’énergie, de même que le gel ou le recul des dépenses de soutien à la transition écologique risquent fort de porter un coup fatal aux entreprises localisées en Europe. Celles-ci pourraient chercher de nouvelles alternatives en accélérant leur redéploiement hors Europe (États-Unis et pays émergents notamment), ce qui accentuerait davantage le repli de l’industrie européenne alors que l’espoir d’une réindustrialisation semblait se conjuguer avec le retour d’une volonté politique de recouvrement de la souveraineté et de puissance. Cependant, rien ne semble définitivement joué car la volonté de réindustrialisation demeure au plus haut niveau des États comme en témoigne le grand retour des stratégies industrielles et des politiques d’appui sectorielles, appuyées par des programmes d’aide financière considérables (comme les dispositifs France Relance, France 2030, Territoires d’industrie), tandis que nombre de territoires locaux continuent de s’engager à bas bruit dans la voie du redressement industriel, notamment ceux marqués par une ancienne tradition industrielle. Par ailleurs, les atouts industriels de l’Europe, de l’Allemagne, de l’Italie, de la France, des Pays-Bas, de l’Espagne, etc., ainsi que de nombreux pays d’Europe centrale et orientale (PECO) restent très importants : main-d’œuvre qualifiée, haut niveau technologique, infrastructures de qualité, vaste marché de consommation (440 millions de personnes, 17 % du PIB mondial). Le rapport sur L’avenir de la compétitivité européenne remis par Mario Draghi à Ursula von der Leyen le 9 septembre 2024, a rappelé aussi à bon escient les points forts de l’UE : son économie ouverte face à un monde qui se ferme ; son degré élevé de concurrence ; la solidité de son cadre juridique ; etc. Mais il a mis aussi en garde l’UE contre l’affaiblissement de son activité économique, industrielle en particulier, mais aussi l’affaiblissement inquiétant de sa productivité, la baisse de son niveau d’innovation ainsi que ses difficultés pour trouver de nouveaux moteurs de croissance. Très applaudies lors de leur sortie, les 170 propositions de Mario Draghi peinent encore à se concrétiser ce qui ne peut qu’inquiéter. Tout en tenant compte des évolutions les plus récentes, ce colloque a pour ambition de faire le point sur les travaux engagés depuis septembre 2021 par les équipes de recherche issues des différentes disciplines impliquées dans le programme IRETRA (géographie économique et industrielle, aménagement et urbanisme, économie, sociologie du travail et sciences politiques). Il s’ouvrira aussi aux communications des chercheurs s’intéressant aux questions industrielles dans la diversité de leurs approches et dans une perspective interdisciplinaire. Les communications présentées s’organiseront autour de quatre thématiques principales : l’entrepreneuriat, les transformations du travail, la transition écologique, le lien territoires et industrialisation. Celles-ci sont brièvement présentées ci-dessous, avant d’être développées plus en détail dans la suite du texte, accompagnées des questions que les organisateurs souhaitent mettre en discussion. [1]. Le projet ANR « Innovation, réindustrialisation des territoires et transformation du travail » (IRETRA) rassemble 12 chercheurs de 7 laboratoires et de 7 universités (2021-2026). Il est piloté depuis l’université de Reims Champagne-Ardenne (URCA) et le laboratoire Habiter qui en est à l’initiative.
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